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Une homosexuelle haïtienne vivant au Chili a peur de retourner au pays avec son épouse

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Sarah* est le prénom d’une jeune fille au début de la vingtaine ayant immigré au Chili depuis maintenant deux ans. « Je suis Lesbienne. C’est avec une joie énorme que j’ai choisi d’immigrer au Chili quand j’ai su que là-bas j’aurai pleinement la possibilité de vivre au grand jour mon orientation sexuelle », nous dit-elle, à travers des texto. Elle est maintenant mariée à une fille au Chili. Elle rêve de revenir dans son pays. Mais, elle craint l’accueil qu’on pourrait lui réserver à elle et son autre moitié.

Photo by 42 North from Pexels
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Si la recherche d’un bien-être économique est la principale motivation des haïtiens qui se rendent au Chili, Sarah est un peu spéciale. « Quelques mois après mon arrivée là-bas, j’ai signé un accord civil devant un Maire avec une demoiselle et nous vivons ensemble maintenant», explique Sarah.

Malgré sa vie en couple et son travail, son pays et la chaleur de sa commune d’origine, manquent à Sarah, selon ce qu’elle nous raconte. « Je suis de près ce qui se passe en Haïti. J’ai croisé le doigt lors de la séance au parlement autour de la loi du Sénateur Jean Renel Senatus. Les Sénateurs n’ont pas fait preuve d’ouverture d’esprit. Ils ont préféré persécuter les personnes attirées par d’autres de même sexe qu’elles au lieu de résoudre les problèmes du pays », poursuit-elle. Cet état des choses et le regard des autres renforcent la peur de la jeune fille de revenir dans son pays natal.

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« J’ai peur de retourner au pays pour ma sécurité. Je ne m’en fais pas des mauvaises langues. Mais se marier est un autre niveau de lesbianisme. Je ne pourrai pas rentrer sans mon épouse ni faire semblant de ne pas être ce que je suis. Alors, j’ai une forte crainte d’être tuée, en plus des regards de dédain et de répugnance », avoue Sarah qui regrette le manque de tolérance qui fait rage au pays. « Les gens de mon pays se laissent manipuler. Ils n’arrivent toujours pas à accepter que le fait d’être homosexuel ne signifie pas être quelqu’un de mauvais. On est juste attiré par le même sexe que soi », selon Sarah. « J’ai quand même suivi cette voie boueuse, malgré la haine à laquelle on fait face tous les jours en Haïti », ajoute-elle.


Photo by Mercedes Mehling on Unsplash

Avant de voyager au Chili, Sarah a vécu une adolescence bouleversée en Haïti. Les garçons de son Lycée lui ont mené la vie dure à cause des problèmes dermatologiques qu’elle souffrait. Elle a quand même flirté avec quelques-uns, mais ça n’a rien donné. Ses principales amies étaient des filles. « Dans les films, je changeais les héros en héroïnes pour les histoires d’amour sans pourtant être consciente de ce qui se passait en moi», se souvient-elle. « Quand j’ai pris conscience que j’étais homosexuelle, j’étais terrorisée. Surtout quand j’écoutais comment mes compatriotes associent l’homosexualité à la malédiction », se souvient Sarah. « Quand mes parents, par eux-mêmes ont découvert ma situation, ils ne voulaient pas accepter l’évidence. Ma mère me hurlait dessus et me frappait. Je n’en pouvais plus. Je voulais mettre fin à ma vie.

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Quand j’ai tout avoué à ma mère, nous avons pleuré ensemble », nous confie Sarah. Ces vieux souvenirs, loin de s’effacer, vont garder une fille du pays loin de sa terre natale pour encore longtemps.

*Sarah est un prénom d’emprunt pour cacher l’identité de la concernée.

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Diery MARCELIN

dierymarcelin@yahoo.fr

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